Au milieu du lac!
  

Au milieu du lac!

Islas Amantani et Taquile, Pérou le 19/11/2010

 

Bonjour à tous! On espère que vous allez bien! Nous ça va ça va, de retour plus tôt que prévu des îles du lac. Rien de bien grave, rassurez-vous mais on devait rester plus longtemps si on se plaisait , on vous laisse deviner la suite …

On a pris le bateau hier matin pour l’île d’Amantani, au passage on est repassé par les îles Uros qu’on avait fait la veille, on ne nous avait pas prévenu de cette petite excursion ! Mais bon on a profité à nouveau des îles flottantes qui effectivement font des petites vagues selon l’endroit où on met le pied.

Le petit détour fini, nous voilà parti pour trois heures environ de navigation sur le lac (qui paraît plus être une mer !) à une vitesse relativement limitée. La traversée a été paisible, rien à faire sur le bateau, premier contact assez froid avec les touristes à bord. Après avoir essayé toutes les positions inconfortables et inimaginables, on s’est résigné à ne pas dormir. On a débarqué sur l’île à environ 13h, les familles attendaient sur le port pour accueillir les passagers selon un rituel bien huilé. En fait chaque communauté accueille à tour de rôle les touristes qui arrivent sur l’île. Il y a dix communauté sur l’île pour un total de 4000 habitants. Et dans chaque communauté, il y a aussi un système de rotation entre les familles qui accueillent chacune leur tour les visiteurs. Au moins tout le monde « profite » du tourisme. Nous voilà donc accueillis par Alicia, une bonne femme de 38 ans qui en paraît plus quand même. On a pris la direction de sa maison, on s’est senti un peu roulé parce qu’on a fait une bonne grimpette, certains touristes étaient au bord de l’eau ! Mais on a compris plus tard que ça n’était pas un avantage quand on voulait visiter l’île. Bref, le chemin pour atteindre sa maison grimpait dur. Pendant qu’on perdait un poumon (une fois de plus, le lac est à 3810 mètres d’altitude), Alicia filait sa laine tranquillement, tout en marchant ! Un truc de fou !

Une fois arrivés chez elle, nous avons été accueillis par ses deux filles, une petite de trois ans dont on n’a pas réussi à comprendre le nom et Lise qui a douze ans. Il faut savoir que les habitants de l’île parlent quechua, donc en espagnol ils ont un accent. Elle nous a montré notre chambre, d’un confort tout à fait acceptable avec des toilettes privés mais non reliés à l’eau courante, d’où les grand bac d’eau et le petit seau à côté pour tirer la chasse !

 les toilettes notre chambre

Alicia est allée préparer à manger pour nous et les enfants, on a essayé de se joindre à elle pour la préparation du repas mais pas moyen ! Au lieu de ça, on nous a assis sur un banc, devant un étalage d’artisanat déballé rien que pour nous. Devant l’étalage, on a fait connaissance avec le père d’Alicia qui vit dans une autre communauté de l’île et qui s’est empressé de nous expliquer que sur l’île les habitants n’avaient pas beaucoup`d’argent car ils vivent de l’agriculture qui ne rapporte pas et du tourisme mais le système de rotation fait qu’ils accueillent peu de touriste à l’année donc qu’il fallait acheter l’artisanat pour les aider. L’explication finie, Alicia sort de la cuisine et nous explique une deuxième fois qu’ils n’ont pas d’argent, avec un air tout triste typiquement péruvien ! On se sent obligé de regarder au moins l’artisanat et on finit par se sentir obligé d’acheter quand le papy nous met tout dans les mains ! On a acheté un bonnet à « seulement » 20 soles, le double que sur le continent ! On était prévenu par le guide du routard ! Ensuite deuxième tentative pour aider Alicia et toujours un refus, quand elle a compris qu’on n’achèterait pas plus, elle a rangé l’artisanat, on s’est amusé avec la petite qui avait un livre de coloriage et de jeux. C’est fou quand on est perdu, les enfants sont le premier repère ! Suivant la tradition, on a offert à Alicia quelques produits de première nécessité, on a pris deux sacs de riz, des bougies, des stylos et des crayons de couleur. Sur le bateau on avait l’impression que ce n’était pas grand-chose par rapport aux énormes sacs que ramenaient les touristes. Après un peu d’attente, on est passé à table. Pour le plaisir de Josyane, en entrée il y avait une soupe de quinoa et pomme de terre assez bonne il faut l’avouer.

 la soupe et l'infusion

Ensuite, c’était une assiette de riz avec un œuf au plat et des petites pommes de terre. Assez bon aussi dans l’ensemble. Le tout était servi avec une infusion de feuilles fraîchement cueillies, la muña (mounia). Julio, nikémounia !!! Ca avait l’odeur du médicament pour inhalation mais c’était pas mauvais au goût. Premier moment bizarre qui nous a mis mal à l’aise, on attendait Alicia et ses filles pour commencer à manger mais elles étaient en train de manger à même le sol et nous sur la table de sa maison ! Incroyable ! On leur a dit de venir avec nous, ce qu’elle a accepté gênée, on lui a dit qu’elle était chez elle, que c’était sa table et qu’elle ne devait pas aller manger là-bas par terre. Elle n’avait pas l’air convaincu, ce qui s’est confirmé pour le dîner et le petit déjeuner, il a fallu les prier pour qu’elles viennent à table avec nous et nous très mal à l’aise en les voyant manger assise sur un petit bout de bois. Une fois à table avec nous, le bureau des pleurs a été ouvert jusqu’à notre départ. On a demandé s’il y avait des écoles sur l’île, oui il y en a mais c’est trop cher, faut acheter l’uniforme, les fournitures, … On avait vu des poteaux électrique dans le village, on lui a posé la question pour l’électricité, elle n’a pas d’argent pour la payer, on lui a demander s’il y a un magasin pour les courses, oui mais elle fait les courses si elle a de l’argent, il n’y a pas de viande, ni poisson parce qu’elle n’a pas d’argent, elle reçoit les touristes une fois par mois environ ça fait pas beaucoup pour gagner de l’argent, est-ce qu’on peut rester plus longtemps … On vous en passe quelques-unes. En gros, on était allé là-bas pour partager leur mode de vie, on a eu une longue, très longue leçon comme quoi ils n’avaient pas d’argent et on était mis à l’écart de ce qui pouvait faire partager leur vie. Ca paraît un peu méchant de dire ça mais il n’y avait pas tellement de rapports humains, d’échanges mais ça a instauré un fossé entre nous les riches (pour elle) et elle et sa famille, les pauvres. On a vraiment été déçu, si on pouvait sauver tous les pauvres de la misère on le ferait volontiers ! Elle a amené toutes les discussions qu’on pouvait engager sur l’argent. Même la petite de trois ans s’y est mise !

Après le repas, on est monté au sommet de l’île pour voir les soi-disantes ruines. Pour en avoir vu pleins des ruines, on peut vous dire que c’est plus un tas de pierres qui n’a pas pu traversé des siècles que des ruines authentiques. Il y a en fait deux collines, la vue au sommet de chacune d’elles est vraiment surprenante, à couper le souffle déjà qu’on en a pas beaucoup, avec les montagnes boliviennes enneigées en toile de fond. Le lac est presque à perte de vue, difficile de le distinguer du ciel par moment. Des instants magiques ! Pour ça, ça vaut le coup !

le lac

 

On est monté sur le deuxième colline, attention l’ascension ! On y a attendu le coucher du soleil en buvant une bière pour Benoit et en tressant des bracelets avec des fils ramassés par terre sur le chemin pour Laura. On a attendu une petite heure, et le spectacle était au rendez-vous, avec un petit feu sur le côté malheureusement ! Ca n’enlève rien à la beauté de la chose !

 coucher de soleil

 

On est redescendu au clair de lune, qui était vraiment très clair, au point que la lune fait une ombre sur le sol (comme à la Réunion). On est arrivé chez Alicia qui préparait le repas avec sa fille, on a voulu les aider mais là encore refus, on nous a dit d’aller dans notre chambre. On y est allé, on s’est ennuyé et on luttait pour ne pas s’endormir. Elle est venue nous chercher une petite heure après pour manger. Même topo que le midi, obligée de l’appeler pour qu’elle vienne à table avec nous. Toujours les mêmes discussions, c’est pas faute d’avoir essayé. On a quand même bien manger, mais dans la pénombre, allez savoir pourquoi les deux bougies étaient à deux mètres de la table ! On ne peut même pas considérer qu’on a mangé aux chandelles ! Ensuite on est parti se coucher, il était huit heures ! Mais comme le jour se lève à 4h et qu’il n’avait pas de rideau aux fenêtres, on savait que la nuit allait être difficile ! De toute façon, il n’y avait pas grand-chose à faire ! On n’avait pas imaginé que la lune pouvait être un problème pour dormir ! Quand elle a pointé son nez par la fenêtre, on a compris que si ! On nous aurait braquer une lampe torche sur le visage, ça aurait été pareil ! Mais c’était beau !

On s’est levé à 6h30, bon petit déjeuner à 7h avec des œufs qu’elle nous a fait payer un sol la veille sinon pas d’œufs, une crêpe, un pain, de la confiture et un bon café. Alicia nous a raccoñpagné au port pour prendre le bateau à 8h. Bref au revoir et c’était parti pour une heure de bateau direction l’île de Taquile.

 la famille

 

En montant sur le bateau et en discutant avec les gens, on s’est rendu compte que tout le monde a vécu la même expérience décevante. Il faut dire que les guides de voyages ne tarrissent pas d’éloges sur les excursions sur les îles, il y a donc de quoi être déçu, au point que certains n’ont pas donné les cadeaux à la famille. On peut dire qu’on était bien loti parce qu’on a bien mangé par rapport à d’autres. L’expérience nous a coûté 50 soles pour tous les deux plus 5 soles d’entrée à l’île chacun. Pas le sentiment de s’être fait escroquer pour trois repas et une nuit d’hôtel mais déçu du rapport humain.

On est arrivé à Taquile, comme les gens qui étaient avec nous (trois français, deux italiens, deux hawaiens, deux américains, une québécoise et à part une péruvienne) avaient décidé de ne pas payer (allez savoir pourquoi) les 5 soles par personne pour accéder à l’île, le capitaine a décidé de nous faire débarquer de l’autre côté de l’île, là où il faut gravir 584 marches pour accéder au village. Bref, un groupe de touristes au sens propre, qui a décidé selon leur terme de mettre fin à « l’exploitation touristique ». 5 soles = 1,5 euros !!! On imagine que chacun dans leur pays respectif ne rechigne pas à payer les dizaines d’euros d’entrée pour les différents musées, de toutes façons ils n’ont pas le choix ! Un garde a essayé de leur barrer le passage pour les faire payer mais ils l’ont totalement ignoré. Ils sont rentrés sur l’île malgré tout. Tout simplement honteux ! Il faut savoir que l’entrée payante des îles ne nous est pas tombés dessus comme ça, c’est écrit dans tout les guides de voyages, et au port avant d’embarquer ! Bref, après avoir payé notre droit d’accès, on a gravi les marches pour aller sur la place centrale de l’île. Là on a découvert les costumes traditionnels et l’artisanat (cher) de l’île. On a discuté avec quelques îliens sur la place, très sympathiques qui ont traité gentiment Benoit de super gringo parce que sa peau supporte mal le soleil. On devait rester une nuit sur cette île mais on s’est dit qu’on allait rester sur une bonne impression des gens de Taquile, ne sachant pas ce qui nous attendait dans la famille. On est redescendu au port avant tout le monde pour que Benoit puisse piquer une petite tête dans le lac. On vous laisse admirer les photos !

 petite baignade

 

C’était froid mais devant une eau aussi transparente, difficile de résister. Laura non plus n’a pas pu résister, elle a piqué une tête … d’orteil ! Brrr ! Trop froid !

un orteil à la mer

 

On a ainsi repris le bateau en écoutant les autres touristes râler sous prétexte que ça n’était pas assez authentique (alors qu’ils n’avaient pas payé !). Le retour a duré presque trois heures. On est arrivé à bon port à Puno. On est parti manger parce qu’il faisait faim. Pour Laura, ça a été une truite du lac Titicaca et pour Benoit bien sûr du poulet !

Les photos sont dans deux catégories : isla de Amantani et Taquile Island. On a rajouté les photos qui manquaient dans les catégories Islas Uros et Puerto Maldonado.

On va commencer à préparer notre départ pour la Bolivie. On va certainement rester au bord du lac pour visiter les îles boliviennes.

On vous fait de gros bisou à tous.

¡ A bientôt pour de nouvelles aventures !

 

Commentaires

 Mag
Bravo Laura pour la baignade de ton orteil :) hihi
En tout cas très beau coucher de soleil. Un bonne expérience malgré tout. Gros bisous
 Kokoetlaeti
oh vous etes super mignon sur les photos sa change!!non je rigole.merci pour le soleil nous sa fait plus de 10 jour kon le voit plu,sa mere.bisou a vou



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